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24 mai 2024
3 min de lecture

Formation, Expérience Formation et Expérience apprenant : le combo gagnant du L&D

Quand la frontière entre les usages BtoB et BtoC s’estompe toujours plus, les professionnels de la formation ont toujours plus le devoir de réinventer leurs métiers.

Formation, Expérience Formation et Expérience apprenant : le combo gagnant du L&D

Des métiers de la formation toujours plus essentiels mais aussi toujours plus… ingrats

Essentiels, parce qu’il leur revient de créer les conditions de la performance de leur organisation pour aujourd’hui, demain et même après-demain ! Les métiers de la formation anticipent, éclairent, accompagnent, outillent… Ils proposent les décryptages qui inspirent les stratégies, ils imaginent les dispositifs pour acquérir les compétences qui en découlent et enfin ils désignent l’accompagnement qui garantit la transformation profonde et durable des organisations.

Ingrats, car le monde change toujours plus et toujours plus vite, imposant une agilité extrême. Ingrats car l’apprenant est toujours plus volatil et avec une relation au travail toujours plus insaisissable. Ingrats, enfin, car les professionnels de la formation se battent contre des éléments contraires toujours plus puissants : au manque de temps qui a toujours été opposé à la disponibilité pour partir en formation s’ajoute désormais le manque de temps… de cerveau !
Mais parce qu’à l’impossible ils sont tenus, voici le combo gagnant qui doit guider leurs actions :

La formation ou le socle fondamental de la transformation

Même si les métiers de la formation évoluent, il y a quelques invariants qui ne changent pas et ne changeront jamais. Former, cela consiste et consistera toujours à transmettre. Quoi ? Pour quoi ? Comment ? résument les questions que résolvent les formations depuis toujours. Qu’il s’agisse de :

  • Préparer à un emploi ou à une mission grâce à l’acquisition des compétences requises
  • Travailler autrement et/ou mieux pour proposer plus de performance et de valeur ajoutée
  • Intégrer les transformations de son environnement (d’outils nouveaux jusqu’aux ruptures technologiques en passant par les évolutions de son cadre réglementaire, normatif ou managérial)
  • Accompagner des projets de long terme et créer les conditions des mobilités

Analyse des besoins, ingénierie pédagogique, conditions de formation, choix du formateur… autant d’actions incontournables, généralement bien maîtrisées mais qui, toutefois, ne suffisent plus.

L’expérience formation ou l’émotion comme source d’attention

Que l’on ne s’y trompe pas, les professionnels de la formation se battent désormais contre TikTok, Instagram, Whatsapp, Teams… Il y a une nouvelle condition à remplir : capter l’attention, que la formation soit à distance ou en présentiel. Le formateur se bat désormais aussi contre les notifications incessantes, contre la conviction que le multi-tâches est compatible avec une concentration permanente et il fait face à un cerveau qui tient de moins en moins l’attention.

La satisfaction du besoin fonctionnel de développement des compétences doit désormais être complétée par la réponse aux besoins émotionnels des apprenants. L’action de formation doit adopter les ressorts des usages digitaux courants et notamment ceux des réseaux sociaux : pour stimuler la dopamine de l’apprenant, pour rechercher l’impact afin d’émerger, pour récompenser afin de développer une culture de l’apprentissage durable, sinon permanente.

Concrètement, pour les professionnels de la formation, cela nécessite :

  • Une véritable éditorialisation du plan de développement des compétences et de sa promotion. Avec l’ambition de proposer un chemin(ement) séduisant et attirant dans lequel les émotions sont centrales (la surprise, la considération, le plaisir, l’accomplissement personnel…)
  • Une diffusion digitale de l’offre de formation qui repose autant sinon plus sur les recommandations de parcours que sur des moteurs de recherche de LMS ou de LXP, à l’expérience trop souvent limitée.
  • Des interactions fortes et impactantes avec les formateurs, seules à même de générer des émotions, conditions de l’attention et de l’ancrage des sujets traités dans le temps.
  • Une modernité et une pertinence des pédagogies proposées pour faire vivre un moment remarquable, pour faire envie et proposer une expérience tellement forte qu’elle en devient recommandable et… recommandée.

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L’expérience apprenant ou l’individualisation comme moteur d’engagement

Quand les usages courants reposent sur toujours plus de self-service, d’autonomie et de personnalisation, les professionnels de la formation disposent d’un environnement propice à une réelle individualisation des parcours. Et donc de l’opportunité de viser un engagement maximal des apprenants. De développer la culture de l’apprentissage. De toucher toutes les subjectivités. De faire converger aspirations individuelles et besoins collectifs…

L’expérience apprenant, moteur du développement des compétences, c’est :

  1. Avant la formation, proposer une offre claire, intelligible, à la croisée des aspirations individuelles et des besoins de compétences et de mobilités. C’est s’affranchir de l’acte de recherche pour privilégier le ciblage et les recommandations de contenus, comme sur TikTok ou sur Instagram notamment. L’apprenant ne cherche plus, la formation se propose à lui. Avec l’objectif de développer toujours plus l’envie et la consommation de formations.
  2. Tendre vers une forme d’addiction au « développement des compétences » et viser un état permanent d’ouvertures, d’expérimentations, d’échanges, de réflexions sur ses pratiques. Il n’y plus de « pendant la formation », il faut préférer le « toujours en formation ». Ce qui nécessite une offre protéiforme, des pédagogies multiples, des modularités dans lesquelles l’apprenant choisit sa durée et les moments, des communautés ouvertes et bienveillantes dans lesquelles l’échange est direct, simple et riche…
  3. Après la formation (à moins que ce ne soit désormais dans le « toujours en formation » !), il faut reconnaître et valoriser les transformations individuelles. Avec des titres mais aussi grâce à des missions nouvelles et des mobilités réelles. Il faut des preuves de compétences accrues et de responsabilités augmentées, obtenues grâce à la formation, que l’on valorise et que l’on est fier de partager, et qui font des apprenants autant d’ambassadeurs de la culture du learning.

L’expérience apprenant, c’est chercher à être « toujours en formation », c’est permettre de s’accomplir, c’est donner des nouveaux pouvoirs, c’est rendre libre.

C’est parce qu’il n’y pas mieux que la formation pour transformer les organisations qu’il faut en faire le cœur des organisations et des projets d’entreprises.
C’est parce qu’il n’y a pas mieux que la formation pour se transformer qu’il faut se fixer des objectifs élevés, même s’ils sont parfois un peu fous.
C’est parce qu’il n’y a pas mieux que la formation pour être libre, autonome et engagé qu’il faut la chérir, la promouvoir et la réinventer en permanence.

Envie de partager quelques convictions sur le sujet, contactez nous : contact@paradoxes-conseil.com
Stéphane Le Gal

Stéphane Le Gal

Directeur du Pôle Performance et Stratégie de Formation

paradoxes conseil est un cabinet spécialisé né en 2006

Paradoxes est un cabinet de conseil spécialisé dans l’accompagnement des acteurs de l’emploi, de la formation et du développement de compétences.